

Un espace pour s'exprimer
Les Maisons de Jeunes ont pour mission de favoriser l’émancipation, la participation active et l’esprit critique des jeunes de 12 à 26 ans. Elles offrent un espace d’accueil ouvert où chacun peut s’exprimer, expérimenter, créer, débattre, s’informer et développer ses compétences. Elles accompagnent les jeunes dans la construction de projets personnels et collectifs, encouragent l’engagement citoyen, soutiennent l’accès à la culture, et proposent des activités socio‑culturelles, artistiques, sportives ou de formation. Leur rôle est aussi de permettre aux jeunes de comprendre le monde qui les entoure, de s’y situer et d’y agir en tant qu’acteurs.
Les MJ reposent sur des valeurs fortes : l’ouverture, la solidarité, l’inclusion, la participation et l’autonomie. Elles défendent un cadre bienveillant où chaque jeune, quelle que soit son origine ou sa situation, peut trouver sa place et être reconnu. Elles valorisent la créativité, le vivre‑ensemble, le respect, la diversité, et la co‑construction avec les jeunes. Elles encouragent la prise d’initiative, la responsabilité, l’égalité des chances et la liberté d’expression. Leur action s’inscrit dans une vision humaniste où la jeunesse est considérée comme une force de changement, capable d’imaginer et de construire un avenir plus juste et plus solidaire.








Un peu d'histoire...
« Rien n’est plus puissant qu’une jeunesse qui se met en mouvement. » — Aimé Césaire
Les Maisons de Jeunes trouvent leur origine dans les mouvements d’éducation populaire qui émergent après la Seconde Guerre mondiale. On comprend que l’encadrement de la Jeunesse est un enjeu important. Elle peut être mise au service de l’horreur (jeunesse hitlérienne) aussi bien qu’au service de la citoyenneté (scouts et mouvements de jeunesse engagés dans la résistance). Pour éviter de telles dérives, l’Etat affirmera comme principe central de la reconnaissance des associations de Jeunesse, la citoyenneté responsable et critique, garante de l’idéal démocratique et respectueuse des Droits de l’Homme. Dès les années 1950‑1960, des groupes locaux créent des lieux ouverts où les jeunes peuvent se rencontrer, s’exprimer, créer et participer à la vie sociale en dehors de l’école et de la famille. Ces initiatives, d’abord bénévoles et communautaires, se multiplient et deviennent progressivement reconnues pour leur rôle social, culturel et citoyen.
À partir des années 1970, la Communauté française (aujourd’hui Fédération Wallonie Bruxelles) structure et soutient officiellement ces espaces en définissant un cadre légal pour les centres de jeunes. Depuis, les MJ se sont professionnalisées et adaptées aux réalités contemporaines : inclusion, participation, créativité, numérique, citoyenneté active. Aujourd’hui, elles forment un réseau dynamique implanté au cœur des quartiers, offrant aux jeunes un lieu pour expérimenter, débattre, créer, s’engager et devenir acteurs de leur propre avenir.


Ancrée à Beaumont
La Maison de Jeunes de Beaumont est née en 2002 grâce à une initiative du service d’Aide en Milieu Ouvert « Oxyjeune » basé à Rance.
Jusque 2002, un club de jeunes accueillait principalement les jeunes de la cité Marcel Tonglet (10 à 18 ans) à raison de 10 heures d’accueil par semaine et développait différents projets collectifs et communautaire. Le projet a mûri et le mélange de jeunes issus d’horizons se profilait comme un formidable catalyseur social. D’où l’idée de création d’une MJ à Beaumont.
En février 2002, l’ASBL Maison de Jeunes de Beaumont était fondée pour prétendre à la reconnaissance de la Communauté française (Ministère de la Culture).
Le 1er janvier 2005, la Maison de Jeunes de Beaumont a été reconnue et agréée comme MJ de catégorie 3. Vu le manque de moyens financiers du secteur culturel, nous n’avions pas bénéficié de l’octroi des subventions prévues par le décret qui détermine les conditions de reconnaissance et de subventionnement des Maisons de Jeunes.
Le 30 janvier 2008, le Service générale de la Jeunesse de la Communauté française nous notifiait la décision prise par monsieur Tarabella, Ministre de la Culture à l’époque, quant à l’octroi des subventions prévues par le décret du 20 juillet 2000.
Le 01 janvier 2011, la Fédération Wallonie-Bruxelles a reconnu et agrée notre association comme MJ de catégorie 2.
Le 01 septembre 2021, à la suite de notre recours introduit avant le 30 juin 2021 et à la suite de l’ajustement budgétaire de la Culture, notre association a été reconnue et agréée comme MJ de catégorie 1 (avec effets rétroactifs au 01 janvier 2021).
Le 18 décembre 2024, Madame la Ministre Lescrenier a reconnu et agrée notre association comme MJ de catégorie 1 pour le plan quadriennal 2025-2028.
Notre MJ est dans le centre de Beaumont. Nous sommes à deux pas de la Grand Place et pas très loin des deux écoles secondaires de la ville. C’est une caractéristique très intéressante pour trouver un public de 12-26 ans. Nous sommes hébergés dans un bâtiment communal qui abrite plusieurs services culturels et sociaux (PCS, ATL, FCB, Patro). Une autre caractéristique intéressante pour créer des synergies et des passerelles. Depuis 2002, notre association est connue et reconnue par les parents, jeunes, partenaires locaux, autorité communale, écoles secondaires, etc. Nous pouvons véritablement parler d’un ancrage dans la ville de Beaumont.
Le travail culturel
Art n° 3 du décret de la Fédération Wallonie Bruxelles qui détermine les conditions de reconnaissance et de subventionnement des Maisons de Jeunes :
« Avoir pour objectif de favoriser le développement d’une citoyenneté critique, active et responsable, principalement chez les jeunes de 12 à 26 ans, par une prise de conscience et une connaissance des réalités de la société, des attitudes de responsabilité et de participation à la vie sociale, économique, culturelle et politique ainsi que la mise en œuvre et la promotion de pratiques socioculturelles et de création ».
Notre décret sectoriel parle de faire des jeunes des CRACS (Citoyens Responsables Actifs Critiques et Solidaires). En effet, la politique culturelle Jeunesse et NOTRE politique culturelle Jeunesse c’est :
De proposer des activités démocratiques hors de la contrainte. Nous évoluons dans un milieu rural où la précarité et la mobilité sont les deux grosses problématiques.
De permettre la découverte, la rencontre et l’ouverture.
D’aider les jeunes à avoir un regard critique sur eux-mêmes, sur leur environnement, sur la société, sur le monde. Il importe de comprendre les choses, d’argumenter, de se positionner, de dialoguer, d’être constructif, de revendiquer. Un trajet offert vers l’émancipation du déterminisme, de la normalité, de l’inconscience … Il ne s’agit nullement d’être autonome (tout seul dans son coin), mais de gagner un développement moral où les valeurs personnelles guident les actes.
De favoriser les actions collectives pour lutter contre l’individualisme grandissant dans la société et obtenir plus de poids ensemble (lutte contre les injustices, meilleure recevabilité de la parole des jeunes, etc).
D’encourager les expressions culturelles qui apportent de la structure aux idées déstructurées.
Notre association reste toujours sensible au concept du « vivre-ensemble ». Chez nous, un jeune est égal à un autre jeune. Les interactions sociales, quand elles sont baignées de respect et de bienveillance, sont propices à l’essor de projets extraordinaires. D’abord le « vivre-ensemble » avant le « faire-ensemble ».
Et comment évoquer une politique culturelle sans introduire l’outil intéressant de la boussole culturelle. Pour savoir où on est, pour savoir d’où on vient, pour savoir où on va. Un outil d’évaluation mais aussi un outil de navigation.
Deux axes : un axe horizontal culturel et un axe vertical citoyen. Au Sud le rassemblement des jeunes et le vivre-ensemble, au Nord la critique du vivre-ensemble (quand celui-ci est acquis), à l’Ouest la démocratisation de la culture (apprentissage) et à l’Est la démocratie culturelle (émergence d’une nouvelle culture). Ce sont les quatre points cardinaux qui traversent les politiques culturelles de la FWB et qui expliquent notre travail au quotidien : le vivre-ensemble, l’émancipation, la démocratisation de la Culture et la démocratie culturelle




